« Cette peur ou angoisse irraisonnée que l’on ressent avant d’affronter le public et que l’action dissipe généralement » (le Petit Robert), toucherait particulièrement, dit-on, les plus grands artistes et serait la preuve d’un immense talent. On raconte que Jacques Brel se vidait littéralement de ses boyaux avant d’entrer en scène. Mais cela n’exclut pas que le trac frappe autant, sinon davantage, les artistes dépourvus du moindre don. Pourquoi le trac ? La peur de faire un bide, la peur du ridicule lequel pourtant ne tue pas? Pour le coup, c’est vraiment ridicule. Enfin a-t-on le trac avant de prendre le volant qui, lui, peut tuer beaucoup plus définitivement que le ridicule ? Certes non, mais c’est oublier que pour l’artiste, l’unité transcendentale du moi, c’est-à-dire l’ego, est en jeu. C’est un peu ridicule, non ?