Homophonie Sarkozique

bruni-sarko.1202252714.jpgDes textes homophones sont des textes dont les mots et le sens sont différents mais dont la prononciation est exactement la même.

Exemple ces vers homophones de Charles Cros :

Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
Où, dure, Ève d’efforts sa langue irrite (erreur !)
Ou du rêve des forts alanguis rit (terreur !)
Danse, aime, bleu laquais, ris d’oser des mots roses.

(« À un page de la reine Isabeau » dans le Coffret de Santal)

Autre exemple de mon cru (qui ne vaut que ce qu’il vaut) tout particulièrement d’actualité :

Carla Bruni est la première dame en France
Car, là, brunie, elle, âpre, mit hier, dame !, en France
Un blanc seing quand son coeur déferle à Nicolas,
Humble en cinq ans son coeur de faire la nique, oh là !

La hache et le calumet

calumet.1199554002.jpgL’heure est grave, car, en ce début d’année 2008, je crains le pire. Tout porte à croire, selon les informations qui sont en ma possession, qu’une guerre ou plutôt une gué-guerre se prépare sur le territoire français. Oui vous avez bien lu, un conflit majeur, qui couvait depuis déjà longtemps, risque de se déclarer dans des délais assez rapides faisant un nombre incalculable de victimes innocentes. Si vous pensez à une attaque terroriste style Al Qaida ou à une invasion par une puissance étrangère qui auraient au moins le mérite de mettre tout le monde ou presque d’accord (sauf les collabos éventuels qui sont toujours de sortie dans ce genre de situation), autant vous le dire tout de suite, vous vous mettez les deux doigts dans l’œil. Le conflit dont je parle sera franco-français et il n’épargnera personne puisque nul ne pourra prétendre à la neutralité, on appartiendra obligatoirement à l’un des deux camps et de plus il dépassera tous les clivages sociaux, professionnels, religieux, culturels et même politiques. Autant dire qu’il s’agira d’une guerre civile dans toute sa splendeur.
Mais la première question que je me pose, en cette période d’attente angoissée, est celle de savoir quels seront les premiers protagonistes à déterrer la hache de guerre. Les fumeurs ou les non fumeurs ? Il est naturellement très difficile de répondre à cette question tant les uns et les autres sont, soit très remontés contre la législation en vigueur qui interdit de fumer dans tous les lieux publics, cafés et restaurants inclus, soit, au contraire, soulagés que celle-ci prenne enfin en compte leur revendication, tout en ne cachant pas leur inquiétude quant au respect de la loi par leurs ennemis héréditaires, les fumeurs. On sait en effet que parmi eux certains se sont mis ouvertement en résistance et sont prêts à prendre le maquis ou même à fuir à l’étranger. Mais ce dont on peut être certain c’est que cette guerre risque d’éclater pour une simple étincelle (de briquet ou d’allumette).

Quant à savoir qui a le plus de chances de gagner la bataille, tout dépend de la nature de celle-ci.
S’il s’agit d’une guerre classique c’est-à-dire reposant sur des rapports de force purement physiques, tenons-nous en aux données numériques dont nous disposons. Selon les sondages et Roselyne Bachelot, 80 % des Français seraient favorables à la loi en question et 20 % s’y opposent. Autant dire qu’en cas de guerre classique, en supposant que les clans combattent à armes égales et en excluant les armes nucléaires qui remplaceraient désagréablement les volutes de fumées par un nuage atomique dont personne ne sortirait vivant, ce sont les non fumeurs et leurs adeptes qui s’en tireront vainqueurs.

S’il s’agit d’une guerre philosophique -je parle bien sûr de philosophie appliquée, d’art de vivre, et non des dogmes sèvères des Épicuriens ou des Stoïques, encore moins de Kant, Kierkegaard ou Schopenhauer-, la bataille promet d’être rude et je ne suis pas certain que les non fumeurs gagnent tant est vrai que rien n’est plus sympathique que cette atmosphère enfumée qui règne autour d’un cendrier plein de mégots écrasés nonobstant l’air irrespirable et cette solidarité entre fumeurs qui fait qu’une femme du monde est prête à donner du feu avec complicité au dernier des clochards croisé dans la rue. Disons que dans le meilleur des cas, philosophiquement parlant, on peut estimer les chances de gagner à 50-50.

Le résultat sera le même s’il s’agit d’une guerre idéologique, les deux clans reprochant à l’autre, au nom de la liberté individuelle, de verser dans la dictature, l’un étant accusé de défendre des théories trop hygiènistes -comme chacun sait quant c’est trop propre, ça ne sent pas bon-, les autres d’être des empêcheurs tyranniques de ne pas fumer en rond.

Enfin s’il s’agit d’une guerre écologique, alors là il n’y a pas photo, les fumeurs militants sont sûrs de perdre, de même si la guerre repose sur des arguments de santé publique.

Mais au fait la guerre du tabac aura-t-elle lieu ? Rien n’est certain à l’heure où j’écris car il semble, aux dernières nouvelles, que la majorité des clients des cafés-comptoirs n’est pas si stupide et, que, hormis dans quelques bastions réfractaires, elle est toute disposée à fumer au bistrot dans la plus grande convivialité autour d’apéritifs bien alcoolisés, et sans se renier pour autant, le calumet de la paix.

Le rire du tueur

Vu à la télé(*). Dans un reportage bouleversant et extrèmement choquant sur le massacre de Sebrenica au cours duquel furent tués à la chaîne par les Serbes, parfois après avoir été torturés, plusieurs milliers d’habitants de cette ville bosniaque, on peut voir l’un des tueurs et instigateurs présumés de cette tuerie caresser son chat avec douceur sur son balcon. Les charges contre cet homme, grâce aux témoignages, recoupements, images vidéo et dénonciations, sont accablantes. Cela ne l’empêche pas de vivre en bon père de famille et en toute impunité dix ans après le massacre entre sa femme et ses deux filles et par-dessus le marché sous les yeux des forces américaines. Quand le journaliste lui demande s’il a peur d’être arrêté, le tueur se met à rire comme si la question était saugrenue puisqu’il est innocent. Le rire n’en est pas moins gêné et même franchement jaune, le regard est fuyant. En voyant rire cet homme, je me suis dit que s’il n’avait vraiment rien à se reprocher, il n’aurait certainement pas ri. Car être accusé d’avoir participé à un massacre aussi cruel et de cette ampleur si l’on est innocent, ne peut que provoquer une réaction de protestation véhémente à la hauteur de la gravité de l’accusation et ne serait-ce que par respect pour les victimes innocentes, mais sûrement pas le rire. C’est pourquoi, en riant, cet homme paisible qui ne semble avoir peur de rien, surtout du Tribunal Pénal International de La Haye, a bel et bien, sans même s’en rendre compte, signé avec éclat (de rire) son aveu. Maintenant, que cet homme tout comme ses supérieurs hiérarchiques Radovan Karadžić et Ratko Mladic qu’on pourrait arrêter du jour au lendemain car on sait où ils se trouvent, ne soient pas inquiétés par la justice internationale reste un mystère au point qu’on peut se demander à qui profitent leur liberté et leur silence, autrement dit leur crime. S’il n’était question de la mort atroce, préméditée et organisée de milliers d’innocents, ce mystère nous porterait presque à rire tant il est absurde et aberrant, tant ça dépasse l’entendement. Mais rassurons-nous : les tueurs en liberté, eux, n’en doutons pas, doivent se réveiller plusieurs fois par nuit pour en rire, au risque de s’en fracturer les côtes. À chacun ses raisons de rire et son humour.

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(*) La vidéo du reportage est disponible gratuitement sur le site de France 5 jusqu’au 25 novembre

http://www.france5.fr/videos/?id=1959

Deux égale trois

jacques-martin.1189769984.jpgJ’ai eu à deux reprises le privilège de rencontrer Jacques Martin. La deuxième fois, c’était à Pékin en 1979 où il se trouvait que je résidasse par hasard dans le même hôtel que lui. Un homme très abordable, très gentil, plein de vie. Je me revois comme si c’était hier, dans les rues de Pékin, en train de lui présenter une de ses consœurs, la comédienne britannique Carol Drinkwater, dans ses petits souliers, avec laquelle je voyageais et qui n’était pas encore très connue dans son pays. Quant à la première fois, cela se passa un an auparavant dans les coulisses de l’opéra de Lyon (mais là, je l’avais bien cherché !) où j’avais assisté dans les cintres à l’une des représentations de la Belle Hélène. Mes meilleurs souvenirs de cet humoriste hors pair à l’imagination débordante et aux multiples talents : son émission décapante avec Jean Yanne Deux égale trois. Mais par la suite je ne manquais pour rien au monde le Petit Rapporteur.

Les dix petits nègres

negres.1188640083.jpgLu ce soir sur lemonde.fr :

« Le cabinet de la ministre de la justice, Rachida Dati, n’a pas fini de tanguer. Après le départ en juillet de son directeur de cabinet, Michel Dobkine, et de trois magistrats recrutés comme conseillers, c’est au tour de Michel Marquer, successeur de M. Dobkine, de partir. »

Voilà, et de cinq ! Mais quelle mystérieuse mouche pique, les uns après les autres, les collaborateurs de notre Garde des Sceaux (qui pourtant n’a pas une tête à faire mal à une mouche) pour les faire quitter précipitamment le navire de la place Vendôme ? Un véritable suspense s’installe au ministère de la justice comme, meurtres en moins, dans les Dix petits nègres d’Agatha Christie. À qui le tour ? Rachida elle-même ? Car, à l’instar du Meurtre de Roger Ackroyd où l’assassin, contre toute attente, est le narrateur lui-même, le coupable du ministère de la justice n’est peut-être pas la personne que l’on croit.

Insultes

devedjian.1183317249.jpgSur le blog de la Québécoise Helen Faradji, ancienne critique et passionnée de cinéma, Arrête ton cinéma ! (*), on trouve, provenant parfois de femmes, quelques phrases assassines et sexistes qui ont la particularité d’avoir été proférées par des célébrités sur d’autres célébrités.

Exemples :

«Elle est capable d’exprimer toute la gamme des émotions, de A à B.»
(L’actrice Dorothy Parker, à propos de Katharine Hepburn)

«On dirait un aspirateur avec des mamelons.»
(Otto Preminger, à propos de Marilyn Monroe)

«J’ai toujours su que Frank se retrouverait au lit avec un garçon.»
(Ava Gardner, à propos du mariage de Frank Sinatra avec Mia Farrow)

Au moins ces citations ont-elles l’avantage de ne pas manquer d’humour, à la différence de la phrase volée, on ne peut plus directe et sans esprit, de Patrick Devedjian traitant Anne-Marie Comparini de salope, une phrase prononcée pourtant avec un sourire tordu.

Qu’on se le dise, les célébrités et les hommes politiques ont intérêt à faire attention une fois pour toute aux murs qui ont des oreilles et des caméras. Dire qu’à deux siècles près, on aurait pu voir sur Dailymotion Napoléon lancer le 28 janvier 1809 à son grand chambellan Talleyrand soupçonné de trahison : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie ! ».

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(*) http://www.arretetoncinema.blogspot.com/

Messe en latin

benoit-xvi.1183056920.jpgBenoît XVI s’apprêterait à autoriser dans quelques jours la célébration de la messe en latin selon une dépêche publiée ce soir sur lemonde.fr. Voilà qui me réjouit mais pas pour les mêmes raisons que le successeur actuel de Saint Pierre. En tout cas, grâce à cette décision papale, la religion catholique devrait, à mes yeux, reprendre du poil de la bête et les églises désertées se remplir enfin à nouveau et à la vitesse grand V, s’il vous plaît !

Je vous renvoie, pour connaître les clefs de mon allégresse, à l’aphorisme personnel qui suit, publié sur ce même blog en mars dernier, et que je ne résiste pas à vous resservir.

Lorsque la messe était dite en latin, les églises étaient bondées, la curiosité des fidèles étant sans cesse aiguisée pour déchiffrer un peu plus, le dimanche suivant, le charabia qui faisait l’essence de leurs prières.

Et puis, mécréant pour mécréant, je vous livre un autre aphorisme perso qui risque bien de me faire attirer les foudres benoîtes ou barbarines et me faire accuser de sacrilège.

Qu’on le veuille ou non, la Vierge Marie, avec ses airs de ne pas y toucher, a bel et bien fait un môme dans le dos de Saint Joseph.

Une guerre froide qui donne chaud

poutine.1180994970.jpgJ’ai lu hier que des chercheurs russes auraient trouvé une technologie simple pour lutter contre le réchauffement climatique. Or on peut lire en titre du Monde d’aujourd’hui que Vladimir agite le spectre de la guerre froide. J’ai donc pensé tout naturellement que ces chercheurs ne pouvaient être que Poutine et ses acolytes jusqu’à ce que je découvre dans l’article en question une phrase qui fait froid dans le dos prononcée par le maître du Kremlin disant que ses missiles transformeraient, le cas échéant, l’Europe en poudrière. On risque donc d’avoir chaud et même très chaud sur le vieux continent. Me voici guère rassuré. En tout cas le refroidissement climatique à la russe espéré, surtout avec la guerre froide, n’est pas pour demain.

Le nouveau camembert va arriver

hemicycle.1180721471.jpgDécidément, François Bayrou a fait des émules. Après les courageux transfuges parlementaires de l’UDF qui veulent créer un grand parti du Centre en lui piquant son idée, voilà que le Monde titre dans son édition datée d’aujourd’hui : Mme Royal se pose en leader de l’opposition et rêve de créer un « grand parti de masse ». On attend donc avec impatience les prochaines déclarations de Marie-George Buffet nous annonçant que le nouveau Parti Communiste est arrivé ainsi que celles de Jean-Marie le Pen, lequel a d’ailleurs déjà prévenu qu’il voulait réorganiser de fond en comble le Front National. Décidément c’est le grand nettoyage de printemps ! Je renvoie tout ce beau monde à mon post du 24 mai « Modem et MoDem » pour trouver de nouveaux sigles à leurs partis, s’ils sont en manque d’imagination. Mais là n’est pas la question.
Le problème c’est qu’à travers cette réorganisation politique se cache tout simplement un empiètement d’électorat ou, pour le dire autrement, un véritable détournement de clientèle qui va transformer l’Assemblée Nationale, si les créations de partis continuent comme ça, en un véritable millefeuille politique dont la formation relèvera directement de la tectonique des plaques.
Je m’explique : L’UMP empiète déjà sur les plates-bandes du Front National et essaie d’empiéter sur le centre-gauche bayrouiste et socialiste par l’embauche (c’est-à-dire le débauchage) de personnel politique venant de ces contrées-là. Le futur grand parti du Centre espère non seulement glisser sur les franges gauches de l’UMP mais encore et surtout sur l’ensemble du MoDem qu’il veut détrôner. Le grand « parti de masse » de Ségolène Royal (Tiens ! où est passé le mot « gauche » ?) aura pour ambition de prendre carrément la place du nouveau parti de François Bayrou ou de se trouver au même endroit que lui sur l’échiquier politique qui, comme chacun sait, ressemble à un demi-camembert bien fait.
On aura tous compris que tout cela risque d’être très compliqué et que jouer sur un échiquier ayant la forme d’un pareil fromage ne sera pas partie facile. C’est pourquoi il est urgent de trouver de bons architectes d’intérieurs pour reconstruire l’hémicycle de l’Assemblée nationale afin de faire cohabiter tant bien que mal tous nos élus, sachant qu’il faut absolument respecter, avec la précision d’une aiguille de manomètre, la place des députés par rapport au perchoir : plus ceux-ci sont à gauche, plus ils devront être placés à droite (et oui !) quand on regarde le perchoir et inversement plus ils sont à droite et plus ils devront s’asseoir à gauche quand on regarde ce même perchoir, ceux du centre, qu’ils regardent le perchoir ou qu’ils lui tournent la veste, occupant de toute façon la même zone, celle du milieu. Dans ces conditions, une quantité non négligeable de députés de partis différents mais de sensibilités politiques parfaitement identiques devront s’entasser dans une même portion de camembert, le nombre de places assises n’en étant pas modifiable. La seule solution sera donc de construire au Parlement des mezzanines ou plusieurs demi-camemberts en étage afin que les élus du parti de masse de Madame Royal, ceux du grand parti du Centre de Messieurs Morin et Bourlanges et ceux du MoDem de Monsieur François Bayrou puissent faire semblant d’observer le perchoir en couches superposées, certes, mais dans le même axe et avec le même angle de visée.
Tout ça pour dire que l’histoire retiendra un jour qu’avec l’avènement du président Sarkozy, le camembert a varié.