Aphorismes

Les vedettes de télévision ne sont jamais que des images hertziennes ou numériques, rien de plus.

Le désespoir fait vivre.

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Aphorismes personnels in Aphorismes de comptoir, Ed. de l’Adret, 1999

L’humour d’Ovide

ovide.1194992689.jpgDans les Remèdes à l’amour, Ovide (43 av. JC-17 ap. JC), après le fameux Art d’aimer, nous livre tous ses secrets et toutes ses ficelles, aussi étonnantes que drôles, pour réussir le difficile travail contraire de désamour.
Premier précepte : faire vite et ne pas attendre qu’une blessure guérissable ne se solde par une lourde peine. Puis il conseille de fuir l’oisiveté. « Vous recherchez pourquoi Égisthe accomplit l’adultère ? » écrit le poète latin. « La raison en est simple : il était désœuvré. » Il ne faut donc pas hésiter à se livrer à toutes sortes d’occupations : la guerre, les tâches campagnardes, la chasse et les voyages, tout est bon pour oublier l’amante que l’on ne veut plus aimer.
Foin des philtres et des sortilèges ! Le poète est formel : ce n’est pas par le traitement par les plantes, le soufre vif ou le désenvoûtement qu’on arrivera à désaimer.
Mais là où Ovide commence à devenir franchement drôle, c’est quand il conseille de dénigrer l’être aimé avec une parfaite mauvaise foi en se remémorant « les actes de l’odieuse garce… et toutes les avanies subies de sa part », rien de tel selon Ovide pour aigrir tous les sentiments; voir tous ses défauts même s’il ne faut pas hésiter à tromper son jugement « Appelle-la obèse si elle est bien remplie… à une fille gracile, on peut toujours reprocher la maigreur ». Pire encore, faire en sorte que la personne aimée exhibe ses déficiences : « Réclame qu’elle chante si la fille n’a pas de voix, fais-la danser si elle ne sait pas bouger la main… si ses dents sont mal plantées, fais-la rire avec des histoires ».
Pas mal non plus quand le poète recommande de rendre visite à l’improviste à sa maîtresse au petit matin pour la surprendre sans sa parure et pour contempler son visage « au moment où elle s’enduit la face de poisons juxtaposés. »
Mais le meilleur -et le non moins drôle- reste à venir quand Ovide nous explique comment se guérir de l’amour justement dans l’acte de Vénus. Tout d’abord, il conseille « pour éviter d’être pris au piège des joies que dispense la maîtresse » de trouver avant « une quelconque autre femme… avec laquelle épuiser (sa) première volupté : du coup la suivante sera sans enthousiasme. » Puis il suggère, pour l’union de Vénus, de choisir « la posture la moins flatteuse pour elle » non sans prendre le soin d’ouvrir toutes les fenêtres pour mieux contempler en pleine lumière tous ses défauts physiques et graver dans son esprit à jamais ses imperfections.
Ovide ensuite « recommande aussi d’avoir deux maîtresses à la fois » et même davantage au nom du fait que « chaque amour sape l’influence de l’autre ». « Le frère d’Amphiloque ne délaissa-t-il pas la fille de Phégée parce qu’il offrit à Callirrhoé le refuge de son lit ? » écrit-il pour conforter son précepte.
Le poète conseille ensuite en vrac à l’amant de fuir la solitude à tout prix et de chercher au contraire la compagnie des autres et leurs conversations, de jeter au feu sans pitié les lettres d’amour de sa maîtresse et ses portraits, de fuir les endroits trop riches en souvenirs, de refuser les spectacles lyriques propres à alanguir le cœur et ne pas toucher aux poètes érotiques. Enfin Ovide termine par des conseils de bonne fâme sur l’alimentation : pas d’oignon, pas de salade de roquette, beaucoup trop aphrodisiaque, et, pour finir, éviter le vin sauf en excès afin de connaître l’ivresse, bonne pour l’oubli, car, pris en petite quantité, « les vins dans notre âme ouvrent la voie à Vénus, à condition qu’on en prenne peu et que notre cœur ne soit pas engourdi dans trop de libations. ».
Dans les « Remèdes à l’amour », Ovide prend un ton léger et badin pour traiter d’un sujet profond et douloureux, il se veut désinvolte en se promenant avec détachement et humour sur les terres brûlantes du tragique amoureux, tout en maniant la métaphore et la caricature, mais finalement il réussit, sans que nous nous en rendions compte, à nous faire sourire pour mieux nous émouvoir. Avec lui on a la certitude que, quand tout est catastrophique, rien n’est vraiment désespéré !

L’humour de l’OuLiPo

Reconnaissez-vous cette strophe codée qui termine un poème célèbre ? Je vous mets sur la voie : le poète lyrique qui en est l’auteur est né à Macon en 1790.

Chauve-souris où du fragon étouffait la flasque,
Tôlier que le pélobate alanguissait à voltiger galber,
Observateurs inapprivoisables bâchez-vous donc une amentifère
Qui s’atteste à notre amentifère et la forêt d’alanguir ?

Vous l’avez tous reconnu, il s’agit de Milly ou La terre natale d’Alphonse de Lamartine, revu et corrigé par la méthode S + 7 créée par l’OuLiPo et dont Jean Lescure est l’inventeur. En voici la version originale :

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?

La méthode S + 7 consiste tout simplement à transformer un texte en substituant à chacun de ses substantifs le 7ème qui suit dans un dictionnaire donné. Mais il y a des variantes comme, par exemple, dans le cas qui nous intéresse. La formule est alors Sm +7, Sf + 7, A + 7, V + 7 « chaque substantif masculin, chaque substantif féminin, chaque adjectif et chaque verbe est remplacé par le septième de son espèce dans le dictionnaire choisi. » (« Variations sur S + 7 » dans l’OuLiPo, la littérature potentielle, Ed. Gallimard 1973.)

Ainsi Raymond Queneau a-t-il appliqué cette variante à la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi devenue soudain La cimaise et la fraction :

La cimaise ayant chaponné tout l’éternueur
Se tuba fort dépurative
Quand la bixacée fut verdie :
Pas un sexué pétrographique morio de mouffette ou de verrat.
Elle alla crocher frange
Chez la fraction sa volcanique…

Rien ne vous empêche de continuer…

Le Cabinet insolite du docteur Éric Bouhier

bouhier.1194210117.jpgÉric Bouhier est sans aucun doute un personnage hors du commun. Médecin, notamment à Médecin sans frontière et au SAMU social, publicitaire, scénariste, nouvelliste et même acteur de cinéma à ses heures perdues (Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat), cet écrivain passionné et curieux de tout a dressé un inventaire impressionnant et plein d’humour de tout ce qui se rapporte à la médecine dans un petit bijou littéraire Le Cabinet des curiosités médicales (Éditions Le Passage).
Dans ce cabinet fourre-tout particulièrement original – l’auteur en profite dès le début de l’ouvrage pour donner toutes les applications dans la langue française du mot cabinet- on y apprend des tas de choses souvent drôles et aussi surprenantes les unes que les autres, depuis, par exemple, la technique médicale de l’eunuchisme (dans un bain par écrasement entre les doigts !) jusqu’à la maladie du premier homme de Cro-Magnon, l’histiocytose X ou granulome à éosinophile, diagnostiquée après analyse des os de son front, en passant par un extrait de la pièce de Jules Romains le Docteur Knock ou Le Triomphe de la médecine, la liste des personnages, médecins et non médecins, représentés sur le fameux tableau d’André Brouillet Une leçon de Charcot à la Salpétrière Hospice de la Vieillesse-Femme ou encore l’énumération de certains instruments de l’histoire de la médecine dont le marteau à percussion centrale automatique du docteur Maurice Dupont !
On y apprend aussi que le premier papyrus médical (dit papyrus de Berlin) fut rédigé sous Ramsès II (1200 ans av. JC), le plus connu étant celui d’Ebers (du nom de l’égyptologue qui l’acheta et le traduisit) rédigé entre 1500 et 1600 ans avant notre ère et que l’un des pionniers de la chirurgie de l’appendice, le docteur James Bells, mourut en 1911 à 59 ans d’appendicite !
On y trouve aussi bien la généalogie de la famille Curie que les mensurations du pénis sous toutes ses coutures ou des citations de Pierre Dac ou de Frédéric Dard, lequel justement à propos du membre viril écrivit : « Le sexe masculin est ce qu’il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève. »
Eric Bouhier, que j’ai eu le privilège de rencontrer récemment et qui m’a fait l’honneur d’un mot sympa sur mon blog, m’a avoué en soupirant que ce livre lui avait demandé un énorme travail, ce qui n’est pas peu dire quand on voit la somme d’anecdotes et de connaissances qui se bouculent dans un peu plus des 200 pages d’un livre par ailleurs particulièrement beau et agréable à lire.
C’est bien simple, ce cabinet est tellement incroyable et si insolite que la question qui m’est venue tout de suite à l’esprit en le refermant (provisoirement car je n’arrête pas d’y retourner) fut :  » Mais où donc Éric Bouhier, pour notre plus grand bonheur, est-il allé chercher tout cela ? ».

Le temps présent de Max Planck

planck.1193949659.jpgScience et Vie, dans le numéro de ce mois, répond à la question pertinente d’un de ses lecteur varois, Monsieur Fernand Morel, : « Quelle est la durée du temps présent ? ».
Nous apprenons ainsi que, selon les théories actuelles, le plus court intervalle temporel concevable est le « temps de Planck » ou tplanck qui dure, tenez-vous bien, 5,4 x 10-44 secondes ! Ainsi en dessous de cet atome théorique de temps, il est impossible de concevoir une expérience ou un événement quels qu’ils soient, ce qui revient à dire au fond qu’en dessous de cet intervalle, tu meurs !
Dans ces conditions, je me demande s’il est encore possible de profiter du temps présent. Car le seul fait d’émettre, même le plus rapidement possible, l’idée de penser au présent doit bien laisser filer une quantité non négligeable de « temps de Planck » séparant l’idée de la pensée puis la pensée de l’instant où l’on espère jouir de ce précieux et ô combien éphémère temps présent. Pour le dire autrement, il est toujours trop tard à l’arrivée si bien qu’on est sûr de se retrouver dans le passé car le présent nous a claqué entre les doigts à la vitesse de l’éclair au moment où nous voulions en profiter.
Pour goûter le temps présent, il ne nous reste guère qu’une solution : anticiper c’est-à-dire penser au futur immédiat avec un tas de « temps de Planck » d’avance. De cette manière, le temps que notre pensée aboutisse, nous avons quelques chances d’arriver à l’heure du temps présent mais seulement, cela va de soi, pour un temps (de Planck) infiniment limité et par conséquent en quantité d’autant plus négligeable.
Toute cette argumentation pour dire que, si jouir du temps présent est, selon les théories actuelles, une utopie, la triste réalité de Max Planck, en revanche, devrait nous convaincre avec éclat que l’avenir est vraiment derrière nous !

Aphorismes

Quand j’entends le mot culture, je sors mon pistolet à eau.

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Aimer son prochain ? D’accord. Eh bien commençons par vous Mesdames !

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Aphorismes personnels in Aphorismes de Comptoir, Ed. de l’Adret 1999.

L’humour de Queneau et de Piem

queneau.1192997445.jpgpiem.1192997748.jpg

Connaissez-vous ce livre de Queneau, La douleur à bras-le-corps (Éditions Médicis) ? Non pas Raymond mais Patrice qui, en ce qui concerne la fantaisie et l’originalité, n’a rien à envier à l’auteur de Zazie dans le métro et au fondateur de l’Oulipo (je connais personnellement cet homme hors du commun). Sur le fond, c’est un livre révolutionnaire tant il remet en cause un certain pouvoir médical imbu de sa science. Il nous rappelle avec humour et détermination (parfois au prix de répétitions qui ne sont d’ailleurs pas inutiles) que les médecins sont au service du patient et non l’inverse. C’est un plaidoyer de bon sens à la fois sérieux et plein d’humour contre la douleur et pour placer au dessus de tout le souci de soulager la souffrance des malades en commençant par les écouter et sans faire une confiance aveugle dans la technique ou dans les examens qui, comme le disait un grand patron de médecine, sont (parfois) faits pour tromper le médecin. Dans ce livre pourtant écrit par des médecins éminents (Patrice Queneau, est membre de l’Académie nationale de médecine et, tout comme Pierre Grandmottet et Gérard Ostermann, professeur de thérapeutique), les médecins en prennent pour leur grade (quel grand art dans l’autodérision !) et les dessins de Piem, irrésistibles et tellement drôles et vrais, enfoncent le clou avec délicatesse pour le grand plaisir du lecteur. Chacun d’eux est un vrai bijou, un véritable chef d’œuvre où chaque détail compte : je pense par exemple au dessin représentant un malade tout nu et tout petit devant plusieurs médecins siègeant comme des juges dans un tribunal et au visage de chaque médecin exprimant chacun de manière différente le peu de cas qu’ils font de ce pauvre patient humilié qui doit par-dessus le marché prouver qu’il est malade.
Un livre à recommander aux médecins comme aux non médecins et qui peut faire avancer à grands pas, justement grâce à son humour, le schmilblic de la lutte contre la douleur et pour plus d’humanité dans notre monde et plus particulièrement dans la médecine où les brutes, semble-t-il, ne manquent pas.

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En haut à droite : dessin exécuté cette après-midi par Piem pour votre serviteur lors de la Fête du livre de Saint-Etienne.

Blog du Professeur Patrice Queneau : http://www.santereflexion.canalblog.com/

L’humour de Galabru

chaussettes.1192618912.jpgImaginez que vous êtes en train de parcourir Pariscope un peu au hasard à la recherche, pour la soirée qui s’annonce, d’un spectacle sympa à ne pas se prendre la tête quand il est 20 heures et que vous tombiez toujours par hasard sur une pièce dont le titre est « Les Chaussettes » opus 124 avec Michel Galabru (vous ne faites même pas attention au reste de la distribution). Comme vous vous attendez, d’après le titre de la pièce, à une comédie de boulevard très drôle et que vous vous ne lassez pas de cet acteur de théâtre (La femme du Boulanger) et de cinéma (Le Viager, et bien sûr l’adjudant Gerber de la maréchaussée de Saint-Tropez), peut-être faites-vous comme moi, la semaine dernière : vous foncez, tête baissée, ligne 4 direction Porte de Clignancourt-changement Strasbourg-Saint-Denis-direction Havre-Caumartin, espérant grâce un désistement de dernière minute obtenir à 20 h 57 une modeste place, même sur un strapontin branlant. Arrivé à bout de souffle au théâtre des Mathurins, trois surprises de taille vous attendent alors :
Primo, on vous donne une place sans difficulté et, par-dessus le marché, on vous fait même choisir votre fauteuil et le prix, comme si vous réserviez trois mois à l’avance.
Deuzio, la salle est à moitié vide (et non à moitié pleine), encore des fauteuils libres au parterre, à peine un rang et demi à moitié pleins cette fois au premier balcon et ne parlons pas du deuxième qui est désert ou presque. Il est vrai que c’est le soir de la coupe du monde de rugby. Mais pour Michel Galabru, tout de même !
Tertio surtout, le Galabru qui joue ce soir n’est pas tout à fait celui que vous attendiez. Ni la pièce. Ni la distribution qui se limite à un duo, l’autre comédien étant une figure emblèmatique du théâtre dit sérieux, Gérard Desarthe. L’argument : deux acteurs complètement différents, une grande vedette populaire et un intello introverti, répètent un numéro de clowns. Les chaussettes trouées de l’intello mettront le feu aux poudres et la répétition va rapidement tourner aux hostilités ouvertes. La truculence et la simplicité toute bonhomme de Galabru s’oppose alors délicieusement au sérieux et à la cérébralité de son partenaire qui, tout grand esprit qu’il soit, n’en est pas moins désespéré par sa calvitie ! Mais c’est surtout l’histoire de deux désespérances et d’une amitié qui finalement se noue dans la rudesse entre deux hommes terriblement seuls que tout sépare. Chaque acte est ponctué de duos de violon et violoncelle interprétés par les personnages et qui sont loin d’apporter une once de gaieté, à moins qu’elle ne soit acerbe, au spectacle.
Galabru est drôle, certes, mais pas vraiment où on l’attendait. C’est que sa faconde, ses coups de gueule et ses mimiques sont, dans cette pièce, autant de paravents pour cacher le désespoir et l’amertume d’un vieil acteur en fin de carrière rongé par la solitude et dont la seule compagnie se résume à un chat qu’il est prêt à manger pour survivre.
Alors si vous allez voir Michel Galabru dans cette excellente pièce de Daniel Colas avec l’espoir de vous éclater et de vous régaler d’une comédie légère pleine de rebondissements et de quiproquos, autant vous le dire tout de suite : c’est raté !

L’humour de Cyrano

cyrano.1192055890.jpgDeux scènes irrésistibles, parmi bien d’autres, dans le chef d’œuvre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac :

• la première se situe au premier acte juste après la fameuse tirade du nez dans laquelle Cyrano tourne en ridicule le Vicomte, lequel n’a rien trouvé de plus original, pour railler son appendice nasal, que de lui lancer bien banalement : « Vous…vous avez un nez…heu…un nez…très grand. » Humilié et ridiculisé par la tirade et par les quelques phrases ironiques de Cyrano qui s’en suivent, le Vicomte réagit par l’insulte :

LE VICOMTE

« Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule ! »

CYRANO (en ôtant son chapeau et saluant comme si le Vicomte venait de se présenter) :

« Ah ?…Et moi, Cyrano Savinien Hercule

De Bergerac. »

• la deuxième scène se situe peu avant la fin du deuxième acte : Cyrano, génial mélange d’Alceste et de Don Quichotte, qui vient de subir les railleries de Christian sur son nez s’apprête à lui régler son compte mais ce dernier se présente comme l’homme dont Roxane est amoureuse et que Cyrano, lui-même amoureux de Roxane et homme au grand cœur, a promis à celle-ci de protéger. Cyrano se montre alors brusquement gentil et fraternel avec son rival qui, du coup, se confond en respect et admiration pour le Gascon.

CYRANO (revenant sur les railleries de Christian)

Mais tous ces nez que vous m’avez…

CHRISTIAN

Je les retire !

Naturellement l’humour de ces deux réparties ne saute pas forcément aux yeux, lues comme ça sur le papier ou sur un écran d’ordinateur, mais je peux vous garantir qu’elles sont irrésistibles sur scène, dans le contexte de la pièce, par leur effet de surprise. La preuve, c’est qu’elles m’ont fait rire, moi qui suis très mauvais public pour le comique et à qui il en faut beaucoup pour le faire rire.

Ouvrons une parenthèse : (pour revenir à la tirade des nez, j’ai trouvé la dernière interprétation en date de Michel Vuillermoz dans la mise en scène de Denis Poladylès très gasconne mais peut-être un peu trop rapide alors que celle de Gérard Depardieu, plus lente, m’a semblé un tantinet monocorde et bien peu truculente (pour un Gascon digne de ce nom !), la première interprétation étant à mes yeux infiniment supérieure à la première. Mais c’est un avis très personnel que je ne partage pas moins. Les débats sont ouverts.) La parenthèse est à présent fermée.