C’était facile, non ?

MaxD. Humour, fantaisie et compagnie
Médecin et humoriste, passionné de la langue française et des mots sous toutes leurs formes, j'aime jouer avec ceux-ci comme le mathématicien jongle avec les nombres ou le musicien avec les notes de musique. J'écris moi-même mes textes et prends un plaisir fou à en ciseler amoureusement les phrases. J'ai eu le bonheur d'arpenter les scènes de plusieurs cafés-théâtres lyonnais et parisiens dont le fameux Point-Virgule à Paris pour les trempoints et de participer à des festivals d'humour. Si je devais me définir artistiquement en un seul mot, je choisirais, sans nul doute, le terme injustement ringard de chansonnier. Roger Max Dumont alias MaxD
C’était facile, non ?

Voici une grille perso que je soumets à votre sagacité. Solution très bientôt.

Horizontalement
1- Classe. 2- Bien envelopper. 3- Limaces de mer. Quartier de Leyde. 4- Ordre cultuel. Bon quand c’est à propos. 5- Fait désordre dans le désert. De souche. Interjection inversée. 6- Méthode mathématique. 7- Absorbée goulûment. Mur effondré. 8- Silence symbolique. Autrement dit. 9- Eus un sursaut.
Verticalement
1-Four solaire. 2- Copie souvent moins bonne que l’original. 3- Endurcît. 4- Aquatique ou atmosphérique selon le sens. Questions de psychologie. 5- Rétrécissement d’organe. 6- Certains peuvent être carrément ubuesques. Démonstratif. 7- Plante suceuse. 8- N’a pas de fils. Bas pour les hommes. Pronom. 9- Suit la Vénus à Prosper. Pose une question. 10- N’ont plus rien des pieds à la tête. 11- Peaux rouges.
Comment concilier les équations suivantes :
+ x + = + (Équation de Sarkozy ) *
+ x – = + (Équation de Darcos et Morin )**
(Durée de l’épreuve 4 heures)
_______________________________
* travailler plus pour gagner plus
** faire plus avec moins.
Discussion avec une femme d’une quarantaine d’années. Celle-ci se plaint de la morosité des gens d’aujourd’hui qui ne sortent plus et vivent de plus en plus repliés sur eux-mêmes devant la télé ou leur ordinateur ainsi que de leur manque de curiosité, suggérant sans le dire que s’ils étaient différents on s’éclaterait autrement plus dans l’hexagone. Je la questionne pour savoir si elle a une passion et ce qu’elle aimerait faire pour s’éclater justement. Elle me répond tout de go qu’elle aime la danse. Je lui demande alors :
– Mais qu’attendez-vous pour vous inscrire dans un club pour danser ?
– Vous n’y pensez pas, mon pauvre ! , me répond-elle. La journée, je travaille et je n’aime pas sortir le soir. Et puis je ne veux pas manquer mes programmes de télévision.
Sur une scène de théâtre, quelle que soit la performance des acteurs, c’est quand même l’auteur qui a le dernier mot.
*
Les comédiens sont des marionnettes parfois de génie manipulées par un metteur qui peut avoir du talent et accrochées plus ou moins scrupuleusement au texte d’un auteur de temps en temps de qualité.
____________________
Aphorimses personnels in Aphorismes de comptoir, Ed. de l’Adret-1999.
« Le rire est probablement destiné à disparaître. On ne voit pas bien pourquoi, entre tant d’espèces animales éteintes, le tic de l’une d’elles persisterait. Cette grossière preuve physique du sens qu’on a d’une certaine inharmonie dans le monde devra s’effacer devant le scepticisme complet, la science absolue, la pitié générale et le respect de toutes choses.
Rire, c’est se laisser surprendre par une négligence des lois : on croyait donc à l’ordre universel et à une magnifique hiérarchie de causes finales ? Et quand on aura attaché toutes les anomalies à un mécanisme cosmique, les hommes ne riront plus. On ne peut rire que des individus. Les idées générales n’affectent pas la glotte. »
Voilà ce qu’écrivit Marcel Schwob, en 1893 dans la préface de la pièce de Georges Courteline « Messieurs les Ronds-de-cuir ». Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il avait de l’avance puisque aujourd’hui nombreux sont ceux qui prévoient la mort du rire. Comme, par exemple, Guy Chouraqui pour lequel l’humour est mort, « mort de rire, mort des rires faciles ou factices, mort des rires consensuels ou préenregistrés, des rires vulgaires ou racistes. »
Voilà qui laisse songeur. Et vous qu’en pensez-vous ? Espérons seulement que, quand le rire sera mort, nous ne serons pas des morts-vivants déambulant sur une Terre sans humour, sans poésie et sans surprises mais de vrais cadavres, morts et enterrés.
Pour ceux qui n’auraient pas lu le commentaire de Michel Labroue, voici les solutions des nombres croisés du 12 mai :
Horizontalement
1- 1890 (année de naissance du Général de Gaulle).
2- 529 (23 x 23).
3- 1515 (la fameuse bataille de Marignan)
4- 2001 (et non 2000 qui est la dernière année du 20ème siècle)
Verticalement
1- 1512 (divisible par 2, 3, 4 et 9).
2- 8250 cm2 (la surface du triangle en cm2 est égale au demi-produit de 132 par 125).
3- 9910 (la somme des chiffres est égale à 19, il y a 19 lignes horizontales et 19 lignes verticales dans le jeu de Go).
4- 51 (comme Pastis 51).
On devrait plutôt dire Nombres Croisés. Il s’agit, en effet, de remplir les cases avec des chiffres et non avec des lettres, chaque définition correspondant à un nombre.
Horizontalement
1- Année de naissance d’un Président de la Vème république 2- Carré d’un nombre premier dont la somme des chiffres est égale à 5. 3- Evoque immédiatement la victoire de François 1er sur les Suisses lors des campagnes d’Italie. 4- Suit le vingtième.
Verticalement
1- Nombre divisible par 2, 3, 4 et 9. 2- Surface en cm2 d’un triangle dont un côté mesure 1,32 m et la hauteur correspondante 1,25 m. 3- La somme de ses chiffres correspond au nombre de lignes horizontales (ou verticales) du jeu de Go. 4- Suit l’apéritif.
Solutions dans un prochain post.
La place du Griffon, située au bas des pentes de la Croix-Rousse à Lyon à deux pas de l’Opéra, a fait peau neuve il y a trois ans. Les voitures en ont été alors chassées et la majeure partie de la petite place triangulaire a été revêtue de belles pierres taillées blanc ivoire, un arbre y a été planté et, depuis les travaux, un banc massif, fait de la même pierre que le sol, attend chaque jour le promeneur en quête de repos ou d’ombrage. La partie nord de la rue du Griffon ainsi que la très courte rue de Lorette n’ont pas été en reste et ont été également refaites, et, pour cette dernière, un pavement de dalles blanches a été magnifiquement réalisé.
La place du Griffon (avec ses rues attenantes) fit donc agréablement place nette. Ce fut incontestablement –et c’est toujours- une réussite. Mais voilà, les ouvriers et les pelles mécaniques eurent à peine quitté le chantier que la place fut déjà souillée par de multiples déjections animales qui, pour le coup, faisaient vraiment tache sur la belle pierre immaculée. Avant la rénovation de la chaussée, sur l’asphalte plus ou moins cabossé et plein de cicatrices, sans parler des voitures, on ne les voyait pas. Mais depuis la réfection de la place, on ne voit plus qu’elles.
Devant un tel spectacle, je me suis dit que les animaux responsables (à moins que ce ne soit leurs maîtres) auraient pu attendre un peu ne serait-ce que par respect pour le travail réalisé et ceux qui l’ont accompli; attendre un peu que la pierre noircisse sous les effets du soleil, de la pollution et des piétons avant de la salir davantage; attendre un peu pour ne pas rappeler trop vite aux passants que ces petits tas d’excréments déposés, par animal interposé, par d’autres passants bien sous tout rapport représentent une véritable catastrophe dans nos cités qui n’ont pourtant plus rien à voir avec le Paris du Moyen-Âge décrit dans “Le Parfum” de Patrick Susskind où les eaux usées et les déjections de toutes sortes étaient évacuées à même les rues.
Et surtout on se demande comment arriver à bout de cette calamité, que dis-je, de cette véritable verrue plantée dans le dos de la civilisation. Nos autorités municipales ont eu l’excellente idée, toute pédagogie ayant échoué, de verbaliser les maîtres fautifs (à moins que ce ne soit leurs chiens) à des tarifs défiant toute concurrence comme cela se passe déjà dans certains pays anglo-saxons. Le problème c’est que personne ou presque n’a jamais vu un contrôleur-verbalisateur et que, en revanche, tout le monde observe quotidiennement des propriétaires de chiens déféquant en toute impunité par l’intermédiaire de leur animal domestique dans les squares, sur les trottoirs, dans les espaces verts, sur les aires de jeu, devant l’entrée des immeubles, bref dans les moindres recoins de l’espace public. À croire qu’ils agissent de la même manière dans leur salon ou leur chambre à coucher. Sans doute la municipalité manque-t-elle de personnel, on ne peut pas tout avoir, des crèches et l’absence de merde sur le bitume, et puis de toute façon, on ne peut pas mettre un contrôleur-verbalisateur derrière chaque propriétaire de chien. Tout cela est vrai.
C’est pourquoi j’ai imaginé une solution proprement révolutionnaire puisque, au lieu que ce soit le contrôleur qui se mette en chasse du maître-déféquant, c’est le maître-déféquant qui va tout faire pour se faire prendre par le contrôleur. Oui, vous avez bien lu. La méthode, pour étonnante qu’elle paraisse, est pourtant enfantine: tout propiétaire de chien surpris en flagrant délit en train de ramasser soigneusement l’œuvre soufrée de son animal se verrait remettre, en guise de félicitation et d’encouragement, un billet de 10 ou 20 euros, sur-le-champ et, si j’ose dire, en main propre par un contrôleur-complimenteur.
Les avantages de cette méthode sont multiples. L’efficacité, premièrement: en reposant, non plus sur un minimum de savoir-vivre, mais sur les bas instincts du propriétaire de chien, à savoir sa cupidité, nul doute que ce dernier aura bien vite compris les avantages de ne plus souiller les lieux publics. Deuzio, le moindre coût: point besoin pour la municipalité, en effet, d’embaucher une pléthore de contrôleurs de même qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait un seul ticket gagnant dans un bureau de tabac pour faire acheter des jeux à gratter par les clients. Le seul espoir de gagner quelques euros suffirait à convaincre les maîtres les plus rétifs, y compris en l’absence de contrôleur-complimenteur dans les parages. Et il n’est pas certain que les dépenses engagées, ces dons en nature ajoutés aux coûts salariaux, soient supérieures à celles gaspillées en vain par les méthodes classiques, motocrottes et toutounettes confondues, qui finalement se sont révélées désespérément inefficaces. Tertio, une amélioration du climat social urbain: le propriétaire de chien ne serait plus considéré par le non-propriétaire de chien comme un ennemi, mais comme un bienfaiteur de l’humanité grâce à sa conduite exemplaire. Quant au contrôleur-complimenteur et au maître du chien, ils se rencontreraient avec grand plaisir et sans la moindre suspicion ni agressivité.
Que l’on ne se méprenne pas sur mes propos qui peuvent prêter à sourire. Cette proposition est très sérieuse et mérite d’être étudiée avec soin par des audits compétents afin de voir si elle tient, si j’ose dire, la route. Dans cette hypothèse, on pourra seulement regretter d’être obligé d’en arriver à de pareilles extrémités pour faire adopter par certains de nos concitoyens un comportement élémentaire qui relève du simple bon sens et du minimum d’hygiène, de respect et de considération vis-à-vis de leurs semblables.
Mais le plus intéressant, c’est, sans nul doute, que ce système pourrait s’étendre non seulement à tous les manques de civilité mais aussi aux délits ou crimes les plus divers, le dédommagement étant proportionnel à la gravité de ces derniers. Ainsi le braqueur qui s’abstient d’attaquer une banque pourrait recevoir de la collectivité une récompense conséquente et je ne parle pas de l’assassin arrêté dans son élan meurtrier par l’espoir d’encaisser un véritable pactole.
J’engage donc nos élites politiques, à commencer par le Président de la République, à réfléchir sur cette idée qui entraînerait, si elle était appliquée, une véritable rupture dans la politique sécuritaire du gouvernement et qui semble bien être le seul remède universel pour faire disparaître la merde de nos trottoirs et, par la même occasion, vider les prisons et faire reculer l’insécurité dans notre pays, tout en augmentant le pouvoir d’achat d’un certain nombre de nos concitoyens.
Si vous indiquez à un visiteur la porte de votre bureau située à droite tout au fond d’un long couloir de treize mètres, vous constatez avec stupeur :
• une fois sur trois, qu’il prend la porte à droite qui précède immédiatement celle de votre bureau.
• une fois sur quatre, qu’il se dirige bien tout au fond du couloir mais prend la porte de gauche située exactement en face de celle de votre bureau.
• une fois sur cinq, qu’il prend une autre porte donnant sur le couloir bien avant l’extrémité de celui-ci mais, on se demande pourquoi, à gauche (en l’occurrence c’est la porte des toilettes).
• enfin une fois sur huit seulement, qu’il va directement sans se tromper jusqu’à la porte de votre bureau.
Je cherche encore la meilleure formule pour indiquer la porte de mon bureau, puisque c’est bien du mien qu’il s’agit, les phrases « Tout au bout à droite » et « La dernière porte à droite » n’étant pas efficaces. La meilleure que j’ai trouvée est : « Vous voyez la porte de droite tout au fond entrouverte ? Eh bien c’est là ! » Il y en a une autre que je dis aussi de plus en plus : « Tout au fond, au fond, (répété deux fois) à droite, à droite (répété deux fois) pas à gauche (dit une seule fois d’un air goguenard) ». Mais il arrive encore à mes visiteurs de se tromper.
Dans le même genre, quand un médecin demande à son patient de se coucher sur le dos, vous pouvez être sûr, dans trois cas sur quatre, que ce dernier va se retrouver sur le ventre alors que s’il lui avait demandé de se coucher sur le lit d’examen sans rien préciser du tout, il se serait couché spontanément sur le dos.
Étonnant, non ?